Vous les entendez ?

Vous les entendez ?
La grève générale vise directement Nicolas Sarkozy, il faut tirer les leçons de cette sonnette d'alarme

Le Modem a décidé de ne pas s'impliquer dans les manifestations qui ont eu lieu dans toute la France, François Bayrou a notamment dénoncé la « récupération politique de quelque chose de bien plus profond » ; c'est donc sans drapeau du Mouvement Démocrate que j'ai parcouru les rues de Paris avec les manifestants, et on apprend des choses très intéressantes.

Les revendications des manifestants
J'ai constaté un regroupement très important de ce qu'on pourrait appeler les « professions du social », parmi elles : les professeurs, les éducateurs, les infirmiers, les puériculteurs... au final, ce sont toutes les professions et les situations déficitaires qui ont défilé aujourd'hui, ce qui confirme l'obsession de la droite : la rentabilité.
– Dans les professions de la santé, comme les éducateurs ou les infirmiers, on se révolte contre la remise en cause de la « Convention 66 » et l'instauration d'une « prime au mérite » qui cache en fait la disparition de 10% du salaire :
1. Le gouvernement considère que ce secteur doit être rentable, les manifestants sont attachés au caractère non lucratif de leur secteur.
2. Ils demandent à ce qu'on engage uniquement des gens reconnus qualifiés sur la base de diplômes reconnus par la branche.
3. Ils refusent le « Travailler plus pour gagner moins » : les congés annuels supplémentaires qu'on leur accordait en raison de la pénibilité du travail sont supprimés, l'ancienneté n'est plus prise en compte, et l'augmentation du salaire sur une carrière, qui était de 39%, passe à 18%.
Au final, c'est une perte de 900 euros sur une carrière. Alors que j'interrogeais cette profession, une puéricultrice a lancé « Dans tous les pays totalitaires, on tue les handicapés ! » Ça veut tout dire...
– Chez les retraités, on se bat pour son pouvoir d'achat : Les petites revalorisations des retraites ne permettent pas de compenser l'inflation, certaines retraites seraient même sous le SMIG. Le gouvernement ne leur inspire pas confiance et ils se disent très pessimistes pour l'avenir : selon le calcul d'une retraitée, la revalorisation de sa retraite lui permettait de s'acheter une demi baguette par jour en plus, elle refuse de « faire de la mendicité ».
– Dans l'industrie automobile, ainsi que dans les métiers de la métallurgie, on fait tout pour garder son emploi, les licenciements massifs, totalement inacceptables dans les entreprises bénéficiaires, traduisent à la fois l'impact de la crise économique sur ce secteur et sert parfois de prétexte pour délocaliser. Les slogans fusent : « On y croit, on se battra pour nos emplois ! » « Renault, Peugeot, on veut du boulot ! » Forcia était massivement présente.
– Les professeurs et les parents d'élèves attendent une réponse claire, en particulier à propos du Rased, (Réseau d'Aides Spécialisées aux Élèves en Difficulté), ce réseau, destiné aux classes de primaire comprend des enseignants spécialisés au niveau de l'adaptation à l'école et de l'apprentissage ainsi que des psychologues scolaires. La réforme des Rased prévoit d'installer ces enseignants spécialisés dans des établissements précis et qu'ils remplacent des postes de professeurs qui partent à la retraite, or le gouvernement a déjà supprimé 13 500 postes d'enseignants... Et ce sont les élèves en difficulté qui vont payer l'addition. Certains parlent même d'un projet de suppression des deux premières années de maternelle...

La récupération politique : « Casse-toi, Sarko »
Cette liste n'est pas exhaustive, ce sont ceux que j'ai pu interroger. La manifestation était immense et le message était clair : « Alors tu la voies, la grève ? ». Sarkozy a été la grande cible de tous les slogans, comme si les Français coupaient de nouveau la tête à leur roi. Par-ci, par-là, on voyait « Non à la loi Boutin », ou « Bachelot, bourreau des hôpitaux » mais on en avait après Sarkozy, en premier lieu, conséquence de l'hyperpersonnalisation du pouvoir qu'il incarne.
Les partis de gauche étaient tous présents, en particuliers les plus extrêmes, ce qui donnera malheureusement une excuse à la droite pour ignorer ces manifestations, pour dire : c'est la gauche qui a défilé aujourd'hui. C'est pourtant faux, on comptait des salariés de tout bords, privé et public, gauche et droite, tous angoissés par les conséquences de la crise, l'irresponsabilité de leurs dirigeants, la vénalité de leurs patrons... la colère explose : des milliards pour les banques et rien pour notre éducation, notre santé, rien pour nous ?
Le gouvernement n'a cessé de mépriser les ouvriers et le service public, il a accepté le licenciement pour les uns et imposé une logique de rentabilité pour les autres. C'est ce qu'on entend aujourd'hui dans la rue : tout n'est qu'argent, tout n'est que budget, les gens ne sont pas pris en compte. Ce sont ces gens qui payent pour les patrons, ces patrons qui ont eux-mêmes déclenché la crise, sauf qu'aujourd'hui, ils refusent de payer.
Il me reste à déplorer qu'il y ait presque autant de drapeaux de la CGT que de drapeaux du Parti Communiste ou encore du Parti de Gauche, la tête de Che Guevara au milieu de la foule, les étals qui vendent des livres défendant une idéologie effondrée il y a 20 ans... Si le Parti socialiste, présent lui aussi, s'installe en groupe pour soutenir les manifestants, ses cadres ont bien conscience qu'il s'agit d'une « journée syndicale et pas d'une journée politique ».
La montée de l'extrême gauche est une conséquence directe de la politique du gouvernement et, en tant qu'opposition claire, nous devons combattre à la fois cette tendance et la politique qui l'a suscitée. J'ai interrogé des gens dans la rue sur le Mouvement Démocrate, ils attendent des propositions, ils attendent un plan de relance Modem, ils veulent qu'on exprime ! Eh bien, exprimons-nous !
Vous les entendez, monsieur Sarkozy ? Alors à présent, écoutez-nous, écoutez-les.

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Comments :

  • Sophie

    02/02/2009

    Sarraute... oui je sais il n'y a que moi pour reconnaîre, c'est pour ça que tu m'aimes!

  • Olivier

    31/01/2009

    Salut JB,

    Tu te doute que ton texte me surprend et m'agace, particulièrement le premier et le dernier paragraphe, Et c'est donc pour ca que je te laisse un commentaire. Avant tout, j'aimerais rectifier une chose, tu voit extrème-gauche, là ou je voit gauche. Une gauche-réformiste c'est quoi sinon une gauche qui n'est plus de gauche ? On est de gauche, mais capitaliste, on social, mais libéral. La gauche d'hier, qui n'a pas fait que des conneries, est devenu l'extrème gauche d'aujourd'hui, et il y a dans ce terme d'extrème, quelque chose à la fois d'infondé et de méprisant. Je ne pense pas être "extrème" et pourtant...

    Tout d'abord, il n'y a pas de récupération politique, à l'endroit ou certain partis "d'extrème gauche" se sont toujours mobilisés, Leur absence aurait même été à la fois absurde, suicidaire et incompréhendible ! Dit moi clairement, est-ce que une manifestation contre la politique de Sarkozy, et sans ni le PCF,ni le NPA, ni le PG, (ce ne sont que les principaux), est raisonnablement envisageable, quand on sait que la rue est dans la contrainte l'un de leurs uniques moyens d'action ? Ce n'est pas de la récupération, c'est le contraire de la récupération politique, c'est simplement suivre un cap, une ligne.
    De plus les syndicats sont eux aussi politiques, s'il défendent certes des professions et des corps de métiers, il véhiculent également auprès de leurs membres une certaines vision du monde et de la politique. Il te suffit d'ailleur de comparer SUD à la CFDT, pour saisir l'ampleur de leur engagement, mais aussi de leurs différences. Alors quand je te voit regretter la récupération politique, je ne comprend que très approximativement. Pire, en écrivant ce texte sur fond orange, tu en est la preuve la plus flagrante. Qu'espère tu ? Une manifestation entièrement gratuite ? Avec raisonnance (celle là tu l'écoute! "tirons la sonnette d'alarme !!"), mais sans fondement politique ?
    Ainsi en un sens, tu as raison, mais seulement sur ce point, la mobilisation dans la rue est le moyen d'action de la France et d'une gauche, que tu méprise ici, assez fièrement et frontalement, Mais dit moi au non de quoi, de quelle éthique? du Modem ? de Bayrou ?
    Et c'est aussi cette gauche en question, qui permet, crée, entretient "l'opposition", Ils ont le mérite, dans les facs, dans les lycées, et dans beaucoup d'autre lieux, de mobiliser des jeunes et des moins jeunes, de les sensibilisés à la politique, et de leur offrir un moyen de se battre pour des idées, qui je te le rappel, sont sociales. Ce sont eux qui en premier lieu s'oppose à une certaine politique de la honte. Encore ce matin, notre belle France vient de foutre en l'air la vie d'un jeune étudiant de 18 ans, renvoyé à Casablanca, caché au fond de l'avion. Il perdait ainsi son père qui lui a un passport, ses amis, ses études. Cet exemple pour te dire que des beaux mots ne suffisent pas, et que oui, le combat doit se faire, pas seulement par des jolis mots, mais dans la rue et par la contrainte..
    Ensuite, tu ose insinué que la gauche est dangereuse, Et que, pour une "opposition claire" mais inefficace, il faut la combattre. Mais ou as-tu trouvé ça où ? Déja "la montée de l'extrème gauche" n'est que très relative, et ensuite, en quoi est elle dangereuse ? Tu pense encore à Staline et Mao ? Mais Chavez et Lula ? Sont-ils dangereux ? Non, il ne font que proposer d'autres modèle et on devrait bien se garder de les juger. Les voies démocratiques sont les plus sure et ne sont pas remise en cause, elles sont affirmés ! Tout ça, simplement pour dire, bien que je n'y prennent pas moi-même part, qu'il y a des partis et des hommes (nombreux) qui sont respectables, que tu as croisé toute la journée du 29, et donc qui sont à respecter. Si tu veut être écouté, écoute les autres, sans jouer au réac.
    Enfin, si je comprend bien tu t'adresse ici à tes camarades du modem. Autrement dit, c'est une façon de se conforter dans son propre camp non ? Avec l'effet, nous étions là, mais sans drapeaux ! Respectable certes.. Mais le simple fait d'écrire cela, qu'est-ce sinon se réaproprier cette manif ? Cela me semble être le parfait exemple de ce que tu dénonce, mais aussi du ce pourquoi je n'aime pas les partis politique.. en attendant le jour ou j'en trouvais un qui rend intelligent.

    Pour finir, s'il y avait un seul mot d'ordre à cette manif plutôt surréaliste, (chaque cortège réclamait une chose différente), un véritable trait d'union, celui-ci aurait été le "rêve générale" des gauchistes d'utopistes debout, et que tu n'évoque même pas. Dommage !

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