Extraits du discours de Bayrou à la conférence nationale

Pour lancer la campagne des européennes, François Bayrou a montré à la fois son enthousiasme et son engagement profond en faveur de tous les citoyens de France, florilège.

"Ce ne sont pas les puissants et les privilégiés en France qui ont besoin qu'on les défende. Ils ont, au pouvoir, tous les amis pour cela. Ce sont ceux qui n'ont ni puissance ni privilèges et qui ont besoin de voix courageuses qui s'expriment en leur nom, sans jamais rien céder à la facilité et aux menaces."

"Nous démocrates, nous portons aujourd'hui dans la vie politique française le drapeau des républicains."

Nous sommes du côté de ceux qui veulent que le progrès serve à la justice et que le progrès serve à l'émancipation et pas que l'injustice serve le progrès. C'est pourquoi tout l'arsenal des mesures prises, toutes celles qui ont été applaudies à grands cris, le bouclier fiscal destiné à protéger les plus riches de la contribution fiscale, les franchises médicales, le financement du RSA par les classes moyennes, tout cela avait un point commun : l'esprit d'inégalité, l'acceptation de l'inégalité et, même, si l'on va bien jusqu'au bout, la recherche de l'inégalité. Celles qui sont ciblées, ce sont les classes moyennes, celles qui sont protégées, ce sont les situations les plus privilégiées. Ceci n'est pas le modèle français.

Cela a déjà été fait. Je ne suis pas content que cela se perpétue dans le temps. Je suis encore moins content, quand je vois que l'on n'a même pas posé de questions, jeudi soir, sur la situation en Guadeloupe qui est, pourtant, extraordinairement inquiétante. (...) Permettez-moi de vous dire que ce qui se passe en Guadeloupe, et qui a commencé en Martinique, nous concerne tous, car il y a là non seulement une crispation sociale, une exaspération face au chômage de masse, à la vie chère, à tout ce que nous n'accepterions pas évidemment à ce degré en métropole.

Derrière tout cela, vous le voyez bien, il y a l'abus de pouvoir, l'abus quotidien de pouvoir qui est, en réalité, à l'oeuvre dans la manière dont on gouverne la France. Or, il n'y a rien de plus grave que d'oublier, de mépriser, de fouler aux pieds les principes républicains, les principes démocratiques, ceux qui protègent le citoyen de l'arbitraire, ceux qui lui garantissent conscience et responsabilité, l'information, la compréhension, la décision sur le monde comme il va, parce que nous considérons qu'il y a un lien profond entre le progrès économique, le progrès social, le progrès moral d'une société d'un pays et son progrès démocratique.

La nomination du président de l'audiovisuel public par le Président de la République, ce n'est pas une décision anodine. C'est une régression démocratique et, d'ailleurs, que Nicolas Sarkozy ait eu besoin de dire l'exact contraire de la vérité dans chacune des trois affirmations sur ce sujet qui ont été les siennes jeudi soir, cela veut dire qu'en réalité, il sent bien la gravité de ce qu'il a décidé.

PROPOSITIONS POUR LA CRISE :
"Nous avons avancé deux principes : le premier est l'idée d'un emprunt européen contracté par tous les pays de la zone euro ensemble, un emprunt de quelque 300 milliards, c'est-à-dire 3 % du PIB. Cet emprunt a deux vertus : la première est qu'il montrerait clairement au monde, notamment au monde financier, que la solidarité entre pays qui ont l'euro en partage est sans faille, et la deuxième est qu'il permettrait une action concertée, même si je reconnais bien volontiers qu'aucun des partenaires ne doit être obligé d'utiliser sa quote-part de l'emprunt commun.
Le deuxième principe que j'ai avancé est d'ordre social.
Quel que soit l'argumentaire théorique, on ne peut pas justifier la mobilisation de centaines de milliards en direction du système bancaire et des grandes entreprises, sans songer à l'équilibrer par une action symboliquement forte en direction des citoyens et de leurs familles et, quoi qu'il en soit, en direction de ceux des français qui sont en particulier en difficulté.
C'est la raison pour laquelle j'ai proposé un "Livret d'épargne crise" à destination de ceux qui ont le plus de mal à vivre : les petites retraites, les salariés en difficulté, les jeunes. J'avais proposé 1 000 euros pour environs 4 à 5 millions de foyers, ce qui fait 4 à 5 milliards d'euros. Obama a décidé de verser 1 000 dollars quelques semaines après. Mais je ne défendrai pas devant vous l'idée que j'ai été son inspirateur... "
(je me demande à qui il pense...)

Quoi qu'il en soit, les politiques de relance doivent, à mes yeux, répondre à une condition : elles ne doivent pas creuser durablement le trou des déficits au-delà de la période de relance.

"j'ai beaucoup d'espoir en Obama et pas seulement parce qu'il est démocrate et que c'est le drapeau qu'il porte, pas seulement parce qu'il est noir, comme on le dit, car, comme on l'a encore entendu cette semaine « il y a encore une génération, les restaurants américains étaient interdits aux gens de couleur ». Cela, c'est encore, d'une certaine manière, une condescendance.
Je ne mets pas mes espoirs en Obama seulement à cause de la couleur de sa peau, je mets mes espoirs en lui, parce que son attitude, ses décisions semblent inspirées par une vision enfin différente de la société américaine. Je mets des espoirs en Obama, parce qu'il ferme Guantanamo, parce qu'il ose mettre un terme à l'inflation honteuse des revenus des puissants, parce qu'il s'impose face au Congrès, parce qu'il n'hésite pas à taper du point sur la table et même parce qu'il accepte de dire : "J'ai foiré"."


"Je suis persuadé, j'ai toujours été persuadé, que, si nous avions été intégrés dans l'OTAN au moment de la guerre en Irak, au lieu de tenir le discours de la défense du droit pour l'honneur de la France que nos dirigeants d'alors ont tenu à l'ONU. Au lieu de tenir ce discours, nous aurions été aux Açores avec Bush, avec Blair, avec Asnar, avec Berlusconi et avec Barroso."

Je voudrais que l'occident se comprenne enfin comme pluraliste, comme équilibré, comme addition d'indépendances et pas seulement comme un tout homogène qui risque d'être dressé contre le reste de la planète.

"L'humanisme démocratique se construit par adaptation et non pas par révolution. Il est réformiste par nature, parce qu'il progresse avec les acteurs, les femmes, les hommes, les communautés et non pas contre eux par contraintes et violence. "

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