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Extraits du discours de Bayrou à la conférence nationale 09/02/2009

Pour lancer la campagne des européennes, François Bayrou a montré à la fois son enthousiasme et son engagement profond en faveur de tous les citoyens de France, florilège.

"Ce ne sont pas les puissants et les privilégiés en France qui ont besoin qu'on les défende. Ils ont, au pouvoir, tous les amis pour cela. Ce sont ceux qui n'ont ni puissance ni privilèges et qui ont besoin de voix courageuses qui s'expriment en leur nom, sans jamais rien céder à la facilité et aux menaces."

"Nous démocrates, nous portons aujourd'hui dans la vie politique française le drapeau des républicains."

Nous sommes du côté de ceux qui veulent que le progrès serve à la justice et que le progrès serve à l'émancipation et pas que l'injustice serve le progrès. C'est pourquoi tout l'arsenal des mesures prises, toutes celles qui ont été applaudies à grands cris, le bouclier fiscal destiné à protéger les plus riches de la contribution fiscale, les franchises médicales, le financement du RSA par les classes moyennes, tout cela avait un point commun : l'esprit d'inégalité, l'acceptation de l'inégalité et, même, si l'on va bien jusqu'au bout, la recherche de l'inégalité. Celles qui sont ciblées, ce sont les classes moyennes, celles qui sont protégées, ce sont les situations les plus privilégiées. Ceci n'est pas le modèle français.

Cela a déjà été fait. Je ne suis pas content que cela se perpétue dans le temps. Je suis encore moins content, quand je vois que l'on n'a même pas posé de questions, jeudi soir, sur la situation en Guadeloupe qui est, pourtant, extraordinairement inquiétante. (...) Permettez-moi de vous dire que ce qui se passe en Guadeloupe, et qui a commencé en Martinique, nous concerne tous, car il y a là non seulement une crispation sociale, une exaspération face au chômage de masse, à la vie chère, à tout ce que nous n'accepterions pas évidemment à ce degré en métropole.

Derrière tout cela, vous le voyez bien, il y a l'abus de pouvoir, l'abus quotidien de pouvoir qui est, en réalité, à l'oeuvre dans la manière dont on gouverne la France. Or, il n'y a rien de plus grave que d'oublier, de mépriser, de fouler aux pieds les principes républicains, les principes démocratiques, ceux qui protègent le citoyen de l'arbitraire, ceux qui lui garantissent conscience et responsabilité, l'information, la compréhension, la décision sur le monde comme il va, parce que nous considérons qu'il y a un lien profond entre le progrès économique, le progrès social, le progrès moral d'une société d'un pays et son progrès démocratique.

La nomination du président de l'audiovisuel public par le Président de la République, ce n'est pas une décision anodine. C'est une régression démocratique et, d'ailleurs, que Nicolas Sarkozy ait eu besoin de dire l'exact contraire de la vérité dans chacune des trois affirmations sur ce sujet qui ont été les siennes jeudi soir, cela veut dire qu'en réalité, il sent bien la gravité de ce qu'il a décidé.

PROPOSITIONS POUR LA CRISE :
"Nous avons avancé deux principes : le premier est l'idée d'un emprunt européen contracté par tous les pays de la zone euro ensemble, un emprunt de quelque 300 milliards, c'est-à-dire 3 % du PIB. Cet emprunt a deux vertus : la première est qu'il montrerait clairement au monde, notamment au monde financier, que la solidarité entre pays qui ont l'euro en partage est sans faille, et la deuxième est qu'il permettrait une action concertée, même si je reconnais bien volontiers qu'aucun des partenaires ne doit être obligé d'utiliser sa quote-part de l'emprunt commun.
Le deuxième principe que j'ai avancé est d'ordre social.
Quel que soit l'argumentaire théorique, on ne peut pas justifier la mobilisation de centaines de milliards en direction du système bancaire et des grandes entreprises, sans songer à l'équilibrer par une action symboliquement forte en direction des citoyens et de leurs familles et, quoi qu'il en soit, en direction de ceux des français qui sont en particulier en difficulté.
C'est la raison pour laquelle j'ai proposé un "Livret d'épargne crise" à destination de ceux qui ont le plus de mal à vivre : les petites retraites, les salariés en difficulté, les jeunes. J'avais proposé 1 000 euros pour environs 4 à 5 millions de foyers, ce qui fait 4 à 5 milliards d'euros. Obama a décidé de verser 1 000 dollars quelques semaines après. Mais je ne défendrai pas devant vous l'idée que j'ai été son inspirateur... "
(je me demande à qui il pense...)

Quoi qu'il en soit, les politiques de relance doivent, à mes yeux, répondre à une condition : elles ne doivent pas creuser durablement le trou des déficits au-delà de la période de relance.

"j'ai beaucoup d'espoir en Obama et pas seulement parce qu'il est démocrate et que c'est le drapeau qu'il porte, pas seulement parce qu'il est noir, comme on le dit, car, comme on l'a encore entendu cette semaine « il y a encore une génération, les restaurants américains étaient interdits aux gens de couleur ». Cela, c'est encore, d'une certaine manière, une condescendance.
Je ne mets pas mes espoirs en Obama seulement à cause de la couleur de sa peau, je mets mes espoirs en lui, parce que son attitude, ses décisions semblent inspirées par une vision enfin différente de la société américaine. Je mets des espoirs en Obama, parce qu'il ferme Guantanamo, parce qu'il ose mettre un terme à l'inflation honteuse des revenus des puissants, parce qu'il s'impose face au Congrès, parce qu'il n'hésite pas à taper du point sur la table et même parce qu'il accepte de dire : "J'ai foiré"."


"Je suis persuadé, j'ai toujours été persuadé, que, si nous avions été intégrés dans l'OTAN au moment de la guerre en Irak, au lieu de tenir le discours de la défense du droit pour l'honneur de la France que nos dirigeants d'alors ont tenu à l'ONU. Au lieu de tenir ce discours, nous aurions été aux Açores avec Bush, avec Blair, avec Asnar, avec Berlusconi et avec Barroso."

Je voudrais que l'occident se comprenne enfin comme pluraliste, comme équilibré, comme addition d'indépendances et pas seulement comme un tout homogène qui risque d'être dressé contre le reste de la planète.

"L'humanisme démocratique se construit par adaptation et non pas par révolution. Il est réformiste par nature, parce qu'il progresse avec les acteurs, les femmes, les hommes, les communautés et non pas contre eux par contraintes et violence. "

Ce qui manquait 03/02/2009

Cher Olivier,

Loin d'incarner la perfection, encore plus loin d'être le politique confirmé et fréquentable que j'espère être un jour, j'ai fait un certain nombre d'erreurs en écrivant à chaud, je voulais garder cette première réaction et je suis bien conscient de ses insuffisances. Le moins que je puisse faire, c'est de répondre à tes objections, que je trouve fondées.

Je tiens d'abord à te dire ce que j'entends par "réformisme" et je pense que nous n'en avons pas la même définition : pour moi, il n'y a plus de distinction réformiste/révolutionnaire, parce que la révolution est une idée qui aujourd'hui, ne peut pas être mise en pratique, sinon par une série de réformes bien différentes des petits ajustements statistiques et des petits arrangements de Nicolas Sarkozy.
L'extrême est en effet le nom qu'on donne à cette gauche d'opposition, et le terme est en effet particulièrement dur, d'ailleurs, comme beaucoup de gens, je considère qu'elle n'a rien à voir avec des fous comme Le Pen. Cependant, défendant les idées du Modem, je m'insurge contre cette gauche d'opposition, qui ne s'appelle pas positivement mais négativement, c'est le parti "Anticapitaliste". Qu'est-ce que cela signifie concrètement ? Ils parlent d'un "un projet de transformation révolutionnaire de la société"... mais a t-on le temps ?
Ils ont conscience de l'urgence sociale, ils connaissent l'urgence écologique, alors, pourquoi, enfin, pourquoi ne pas réguler, limiter, modifier en profondeur ce système, plutôt que de l'abattre ?
Les citoyens ont besoin d'avoir confiance, sans leur confiance, la France et l'Europe n'avanceront jamais. Et cela, quelque soit notre opinion, c'est un fait, les personnalités qui incarnent ces mouvements n'ont pas la confiance du peuple, même s'ils relayent leur colère et leur révolte.

Tu dis qu'il n'y a pas de récupération politique, mais que les partis de gauche jouent leur rôle, et en cela, tu as raison. Ce que j'entendais par "récupération politique", c'est l'usage que font ces partis d'une telle manifestation : non, ce n'est pas la gauche qui défile pour s'opposer à la droite ! Ce sont les citoyens de France qui défilent contre la politique insensée du gouvernement, qu'ils soient du privé ou du public, de droite ou de gauche ! Des policiers manifestaient, des retraités, des salariés qui m'ont dit, quand je les ai interrogés, qu'ils n'avaient aucune sympathie pour les "communistes". Une des rues était littéralement couverte d'affiches du PG.
Tu dis qu'en publiant un article pour le Mouvement Démocrate, je fais moi-même de la récupération. Non, justement. Si j'avais voulu, j'aurais défilé avec un drapeau MoDem à la manifestation. Mais ce n'est pas le drapeau rouge ni le drapeau orange que j'aurais dû brandir, c'est le drapeau tricolore.
Sarkozy n'attend qu'un geste des partis de gauche, il ne rêve que de crier à toutes les radios : "c'est la gauche qui manifeste, la majorité silencieuse est avec moi !" En réalité, Sarkozy compte déjà parmi ses opposants près de la moitié des Français.
Si je marque une différence entre les syndicats et les politiques, c'est parce que je suis attaché à l'indépendance des mouvements. Les syndicats ne sont pas là pour relayer les opinions d'un parti en général, ils sont là pour défendre des travailleurs en particulier. Lutter contre l'individualisme fou, c'est aussi accepter que les partis doivent agir en fonction de tous les citoyens de France alors que les syndicats sont là pour défendre les travailleurs des secteurs qui leur sont affiliés. Un syndicat ne sera jamais à la tête d'un Etat.

Une manifestation est l'expression d'un peuple et non d'un groupe de penseurs politiques. Un peuple ne se demande pas quelle politique économique il faut appliquer à l'échelle d'un pays, ni de combien de milliards il faut disposer, il ne le veut ni ne le doit. Un peuple réagit, un peuple s'exprime, s'inquiète, demande, obtient. Et surtout, un peuple ne défend pas le moindre parti, quand ces gens se réunissent pour manifester, ils ne défendent pas une vision du monde, ils crient qu'ils existent et qu'on a pas le droit de les mépriser.
Quoi, je méprise la gauche ? Parce que tout comme le MoDem, tout comme n'importe quel parti, elle est méprisable quand on la compare aux citoyens de la France !
Les rêves du NPA, du PCF et du PG sont une chose; l'angoisse des citoyens face à la crise en est une autre.

Oui, je suis un rêveur, je suis un idéaliste mais lorsque je vois ce cortège, lorsque je le parcoure, lorsque j'écoute les gens, je tombe de haut.
Les gens ne veulent plus de rêves, ils sont lassés d'idéologies. Ils veulent du concret, tout de suite, ils veulent des garanties qu'on les prend en compte. Je sais que la position de Bayrou n'est pas la meilleure et je pense qu'il aurait dû se positionner davantage, mais ça, c'est le boulot des adhérents du MoDem de lui renvoyer ce qu'ils veulent. Nous voulons construire une réalité basée sur un rêve, et ce rêve est général.
Je le ressens beaucoup à cause de ma formation littéraire, le Mouvement Démocrate se fiche des mots, mais veut des chiffres, des résultats concrets, des plans, veut que les politiques fassent un travail de fond.

Ce que tu dis dans ton 4ème paragraphe en partant de la fin m'a fait prendre conscience d'une chose : ces partis parlent vraiment aux gens, c'est pour cela qu'ils peuvent si bien relayer leur colère, et pour cette raison, je les respecte profondément et en cela, le MoDem devrait les imiter davantage ( c'est le boulot des Jeunes Démocrates).
Sur la question des expulsions, j'y suis profondément opposé en tant que mesure systématique et je soutiens avec force l'adaptation aux cas particuliers. Pour moi, les immigrés, même clandestins, sont des citoyens du monde et doivent être traités comme tels par un Etat de droit.
Je défends aussi la notion de renoncement : je pense qu'on doit se priver de certains biens dans le cadre d'une redistribution des richesses, par exemple la conversion des bonus des patrons de l'année 2008 en investissements dans des fonds socialement responsables et dans la microfinance. (Je ferai bientôt un article sur la Finance Solidaire et la régulation de l'économie de marché)

Si j'ai dit que la gauche est dangereuse, je ne l'entends pas, évidemment (et j'espère que tu me crois sur parole), comme les paranos droitistes qui ont peur de "l'odeur de poudre" et d'une éventuelle révolte... Non, je pense qu'elle est dangereuse pour ce que j'appelle les partis de gouvernement, c'est à dire PS et éventuellement MoDem s'il y a une montée significative. Staline et Mao n'ont rien à voir là dedans, je pense que Besancenot, d'une certaine manière, sert la soupe à Sarkozy comme Le Pen la servait à Mitterand. Sarko aime parler de "l'extrême gauche" parce que ça le renforce : c'est moi ou les communistes. C'est une technique gaullienne, vieille comme le monde...
Je suis prêt, à titre personnel en tout cas, à écouter tout ce que les partis de gauche ont à dire, et jamais je ne refuserai la négociation ni le débat politique, la preuve, je réponds à chacune de tes objections, sincèrement, sans mâcher mes mots. Je refuse la logique partisane, cela signifie que, si le NPA, le PCF ou le PG font une proposition qui me semble valable et juste, je la soutiendrai en face des adhérents du MoDem.
Réac ? Jamais. De toute manière, nous n'avons pas le temps.

P.S : Enfin, je pense n'avoir pas récupéré la manif, surtout en parlant à titre personnel mais si tu l'as senti, c'est que tu as senti la peine que je pouvais ressentir quand j'ai vu que le parti ne s'investissait pas dans ce mouvement, même pour le soutenir, pour être là. On a beau essayer de fuir le rêve, il nous rattrape toujours et ce n'est jamais le moment.

Vous les entendez ? 31/01/2009

Vous les entendez ?
La grève générale vise directement Nicolas Sarkozy, il faut tirer les leçons de cette sonnette d'alarme

Le Modem a décidé de ne pas s'impliquer dans les manifestations qui ont eu lieu dans toute la France, François Bayrou a notamment dénoncé la « récupération politique de quelque chose de bien plus profond » ; c'est donc sans drapeau du Mouvement Démocrate que j'ai parcouru les rues de Paris avec les manifestants, et on apprend des choses très intéressantes.

Les revendications des manifestants
J'ai constaté un regroupement très important de ce qu'on pourrait appeler les « professions du social », parmi elles : les professeurs, les éducateurs, les infirmiers, les puériculteurs... au final, ce sont toutes les professions et les situations déficitaires qui ont défilé aujourd'hui, ce qui confirme l'obsession de la droite : la rentabilité.
– Dans les professions de la santé, comme les éducateurs ou les infirmiers, on se révolte contre la remise en cause de la « Convention 66 » et l'instauration d'une « prime au mérite » qui cache en fait la disparition de 10% du salaire :
1. Le gouvernement considère que ce secteur doit être rentable, les manifestants sont attachés au caractère non lucratif de leur secteur.
2. Ils demandent à ce qu'on engage uniquement des gens reconnus qualifiés sur la base de diplômes reconnus par la branche.
3. Ils refusent le « Travailler plus pour gagner moins » : les congés annuels supplémentaires qu'on leur accordait en raison de la pénibilité du travail sont supprimés, l'ancienneté n'est plus prise en compte, et l'augmentation du salaire sur une carrière, qui était de 39%, passe à 18%.
Au final, c'est une perte de 900 euros sur une carrière. Alors que j'interrogeais cette profession, une puéricultrice a lancé « Dans tous les pays totalitaires, on tue les handicapés ! » Ça veut tout dire...
– Chez les retraités, on se bat pour son pouvoir d'achat : Les petites revalorisations des retraites ne permettent pas de compenser l'inflation, certaines retraites seraient même sous le SMIG. Le gouvernement ne leur inspire pas confiance et ils se disent très pessimistes pour l'avenir : selon le calcul d'une retraitée, la revalorisation de sa retraite lui permettait de s'acheter une demi baguette par jour en plus, elle refuse de « faire de la mendicité ».
– Dans l'industrie automobile, ainsi que dans les métiers de la métallurgie, on fait tout pour garder son emploi, les licenciements massifs, totalement inacceptables dans les entreprises bénéficiaires, traduisent à la fois l'impact de la crise économique sur ce secteur et sert parfois de prétexte pour délocaliser. Les slogans fusent : « On y croit, on se battra pour nos emplois ! » « Renault, Peugeot, on veut du boulot ! » Forcia était massivement présente.
– Les professeurs et les parents d'élèves attendent une réponse claire, en particulier à propos du Rased, (Réseau d'Aides Spécialisées aux Élèves en Difficulté), ce réseau, destiné aux classes de primaire comprend des enseignants spécialisés au niveau de l'adaptation à l'école et de l'apprentissage ainsi que des psychologues scolaires. La réforme des Rased prévoit d'installer ces enseignants spécialisés dans des établissements précis et qu'ils remplacent des postes de professeurs qui partent à la retraite, or le gouvernement a déjà supprimé 13 500 postes d'enseignants... Et ce sont les élèves en difficulté qui vont payer l'addition. Certains parlent même d'un projet de suppression des deux premières années de maternelle...

La récupération politique : « Casse-toi, Sarko »
Cette liste n'est pas exhaustive, ce sont ceux que j'ai pu interroger. La manifestation était immense et le message était clair : « Alors tu la voies, la grève ? ». Sarkozy a été la grande cible de tous les slogans, comme si les Français coupaient de nouveau la tête à leur roi. Par-ci, par-là, on voyait « Non à la loi Boutin », ou « Bachelot, bourreau des hôpitaux » mais on en avait après Sarkozy, en premier lieu, conséquence de l'hyperpersonnalisation du pouvoir qu'il incarne.
Les partis de gauche étaient tous présents, en particuliers les plus extrêmes, ce qui donnera malheureusement une excuse à la droite pour ignorer ces manifestations, pour dire : c'est la gauche qui a défilé aujourd'hui. C'est pourtant faux, on comptait des salariés de tout bords, privé et public, gauche et droite, tous angoissés par les conséquences de la crise, l'irresponsabilité de leurs dirigeants, la vénalité de leurs patrons... la colère explose : des milliards pour les banques et rien pour notre éducation, notre santé, rien pour nous ?
Le gouvernement n'a cessé de mépriser les ouvriers et le service public, il a accepté le licenciement pour les uns et imposé une logique de rentabilité pour les autres. C'est ce qu'on entend aujourd'hui dans la rue : tout n'est qu'argent, tout n'est que budget, les gens ne sont pas pris en compte. Ce sont ces gens qui payent pour les patrons, ces patrons qui ont eux-mêmes déclenché la crise, sauf qu'aujourd'hui, ils refusent de payer.
Il me reste à déplorer qu'il y ait presque autant de drapeaux de la CGT que de drapeaux du Parti Communiste ou encore du Parti de Gauche, la tête de Che Guevara au milieu de la foule, les étals qui vendent des livres défendant une idéologie effondrée il y a 20 ans... Si le Parti socialiste, présent lui aussi, s'installe en groupe pour soutenir les manifestants, ses cadres ont bien conscience qu'il s'agit d'une « journée syndicale et pas d'une journée politique ».
La montée de l'extrême gauche est une conséquence directe de la politique du gouvernement et, en tant qu'opposition claire, nous devons combattre à la fois cette tendance et la politique qui l'a suscitée. J'ai interrogé des gens dans la rue sur le Mouvement Démocrate, ils attendent des propositions, ils attendent un plan de relance Modem, ils veulent qu'on exprime ! Eh bien, exprimons-nous !
Vous les entendez, monsieur Sarkozy ? Alors à présent, écoutez-nous, écoutez-les.

Fillon aux municipales - Parodie de François Villon, poète du Moyen-âge 29/01/2009

François Fillon
La ballade du pendu

François Fillon, seul sur scène, ton suppliant et désespéré.

Frères français qui contre nous votez
N'ayez vos voix contre nous endurcies,
Car, si vous avez de l'humanité
A nous vous direz dans cinq ans : merci !
Voyez ministres menacés ici !
Et Nicolas que vous n'avez nourri
Il viendra nous dévorer sans merci
Michèle et moi deviendrons cendre et poudre
De notre mal le président s'en rit :
Mais priez la France qu'il nous veuille absoudre !

Mes frères, nous clamons : vous ne devez
Pas nous laisser, quoique fûmes roussis
Par justice. Toutefois, vous savez
Que socialistes ne peuvent rien aussi.
Excusez-nous, puisque sommes indécis
Envers changements de vous incompris
Que votre grâce aie la baisse des prix
Nous préservant de l'infernale foudre.
Nous sommes menacés, bientôt proscrits
Mais priez la France qu'il nous veuille absoudre !

Le pouvoir d'achat nous a lessivés
Et Sarkozy desséchés et noircis:
Centristes et socialos nous ont bravés,
Leur larcin de communes est réussi.
Jamais nul temps nous ne sommes rassis;
Gauche, droite, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charrie,
Avec la gauche il nous faudra découdre.
Ne soyez donc de notre confrérie;
Mais priez la France qu'il nous veuille absoudre !

Français, ne nous faites pas de vacherie
Et sauvez-nous de sa sauvagerie :
Il n'y a que vous pour nos tracas résoudre
Electeurs, subissons la mutinerie;
Mais priez la France qu'il nous veuille absoudre !

Bayeurou ! - Sketch 04/12/2008

Parodie de Roméo et Juliette, voici les petites manipulations politiques de l'entre-deux tours^^

Bayeurou !

Sketch.

Mais oh, oh, oh, euh, moi aussi, je suis un grand candidat, moi aussi, je veux être insulté !
François Bayrou aux Guignols.

PERSONNAGES

BAYEUROU, candidat du centre
GAGA, candidate de gauche
SUPER-SARKO, candidat de droite
SWEET MARY, anglaise

La scène est à Paris, rue Cler, devant l'appartement de Bayeurou.


BAYEUROU, seul
C'est bien la peine d'être un grand candidat si on ne peut même pas être au deuxième tour ! Ah, la déception, elle est sourde ! Elle est muette, même, je ne dis plus un mot ! Mais comment je vais faire sinon pour le débat avec Gaga ? Ah oui, c'est vrai, il est déjà passé. Enfin, maintenant, c'est fini, je me retire dans mon appartement et j'attends la suite. De toute façon, je suis pas président, alors...
MARY, au loin
Bayeurou !
BAYEUROU
Ah voilà l'autre enragée, figurez-vous que depuis ce matin, j'ai une anglaise sur le dos ! Elle veut absolument s'inscrire dans mon nouveau parti. Enfin, on se s'inscrit pas dans un parti français si on est pas français ! Elle arrive, je me sauve !
(Il rentre dans son appartement)
MARY
Bayeurou ! Revenez ! Oh darling, laissez inscrire moi à votre newveau party ! Je vous joure que je pârle très bien le français ! Et je connais bien le France ! Oh Bayeurou, ne me laissez pas sole ! Je sais que vous n'êtes pas loin ! Je vous adore, mister ! Quand je vois des gens dans la roue, je leur dis toujours : oh quel excellente homme ! C'est le plou bel homme de France ! Je vous conjuoure par toutes les électeurs de vous, par leur sourire, leur confidence et leur joy ! Je vous prie d'appearaître tout de suite ! Quoi, vous ne venez pas ? Je vais à mon douillette lit, il fait trop froid ici. Je pars ! Mais je reviendrai !
(Fausse sortie, elle revient et entre dans le bâtiment. La lumière de l'appartement s'allume. Entre Gaga.)
GAGA
Super-Sarko le tigre m'a griffé cinq fois dans la presse aujourd'hui ! Ah je me vengerais ! Chut ! Qu'est-ce que c'est que cette lumière ? Ah, c'est l'Élysée et Bayeurou est mon portier ! Sors, mon doux agneau et tue l'envieux Sarko, qui déjà crève de honte parce qu'il est obligé de te faire la cour ! Ô, être plein de bravitude, ne sois plus de droite puisqu'il t'envie ! C'est un extrémiste et les racistes seuls le soutiennent ! Voilà mon homme, voilà ma plus belle histoire ! Celle de mon pouvoir...Mais il ne dit rien.
BAYEUROU
Je regarde les étoiles.
GAGA
Il a parlé ! Ô parle encore, mon sauveur ! Car tu rayonnes dans cette nuit, au dessous de mon aile, comme l'aigle qui dévore mon ennemi enchaîné !
BAYEUROU
Ô Gaga, gaga, pourquoi me rends-tu gaga ? Renie François et refuse ton parti ou si tu ne veux pas, jure de me donner Matignon, et je te soutiendrai !
GAGA
Dois-je l'écouter encore ou lui répondre ?
BAYEUROU
Ton parti seul est mon ennemi. Tu n'es pas un parti, tu es toi-même. Qu'est-ce qu'une socialiste ? Ce n'est ni une idée, ni une morale, ni une valeur, ni une pensée, ni un programme, ni rien qui fasse partie d'une femme ! Renie ce parti et fais-moi premier ministre !
GAGA
Je le renie ! Désormais, je ne suis plus socialiste !
BAYEUROU
Que faites-vous ici ? Il y a du monde dans la rue !
GAGA
Je viens réaliser votre rêve !
BAYEUROU
Ne montez pas, ne montez pas ! Je ne voudrais pas qu'on vous trouve ici !
GAGA
Hélas ! Il y a moins de danger dans leur regard que dans votre refus ! Soyez mon premier ministre et nous sommes à l'abri de nos ennemis !
BAYEUROU
Qui vous a guidé ?
GAGA
Une femme qui vous cherchait. Pour vous trouver, ce qu'une femme peut faire, elle ose le tenter.
BAYEUROU
Je rougis quand je pense à ce que vous m'avez entendu dire cette nuit, je voudrais nier ce que j'ai dit ! Mais c'est trop tard, me donnerez-vous Matignon ? Je sais que vous allez dire oui. Mais je ne le jurez pas, vous risqueriez de me trahir !
GAGA
Je vous jure, monsieur...
(Mary paraît près de Bayeurou)
MARY
Je vous trouvai, monsieur !
BAYEUROU
Mais enfin, c'est extravagant !
MARY
Monsieur, je voulais vous dire que j'aime vous !
BAYEUROU
Ne criez pas cela, toute la rue peut entendre !
MARY
Mais tant mieux, ils vont savoir que vous aimez moi aussi !
BAYEUROU
Mais je ne vous aime pas !
MARY
Vous n'aimez pas moi ?
BAYEUROU
Mais non ! Je suis marié, moi, madame !
MARY
Si vous n'aimez pas moi, alors je saute par cette fenêtre !
GAGA
Madame, arrêtez vos bêtises !
MARY
J'ai view lui avant, en plus, vous êtes une vieille femme !
GAGA
Descendez, madame !
MARY
Mais je descends tout de souite !
(Elle descend et elles se retrouvent face à face)
BAYEUROU
Mesdames, vous allez ameuter toute la rue !
GAGA
J'exige des excuses !
MARY
Bien sûr, madame !
(Elle lui donne une gifle)
GAGA
Ah oui ?
(Elle lui rend. Un pugilat s'en suit. Entre Super-Sarko, armé d'un pistolet à eau)
SARKO
On trouble l'ordre public ! On s'oppose à ma loi ! Qu'on arrête les coupables ! Ah, Bayeurou, je t'ai eu ! Tu es pris, deux femmes qui se battent devant chez toi, ton compte est bon !
BAYEUROU
Ah, je suis le fou du roi !
MARY, à Bayeurou
Cherry, donne moi une poêle ! Tout de suite !
(Bayeurou disparaît et revient avec une poêle qu'il lance à Mary.)
SARKO
Lâche ton arme, espèce de racaille ! Viens affronter Super-Sarko !
(Elle lui donne un gros coup de poêle)
Les racailles... il faut... nettoyer...
(Il tombe, assommé)
GAGA
Très bien !
(Mary l'assomme. Elle tombe sur lui.)
MARY
Maintenant, Bayeurou, plus rien ne peut s'opposer à notre union !
BAYEUROU
Je quitte cette maison de fous !
(Il court et sort de l'appartement mais Mary l'attend à la sortie et lui donne un coup sur la tête, il vacille et tombe. Elle l'attrape par le col et le traîne.)
BAYEUROU
Non, pitié ! Pas le scandale, pas le scandale !
MARY
Le scandale, c'est pour eux. Nous, nous avons toute la nuit !
(Ils sortent.)

RIDEAU



18/12/07